Soupe miso convertible

Depuis quelques temps, j’essaie d’avoir un placard à provisions minimaliste. J’essaie.
Pas d’herbe du Mont Fuji, pas de farine improbable – du temps où l’on soupçonnait une allergie au gluten chez le Jaguarondi, j’en ai essayé un tas – pas de fruit exotique en boîte décourageant, pas de céréale pour hippie que que tenterais bien mais dont M. Puma ne veut pas entendre parler… Chaque ingrédient présent dans le placard est prié de servir au moins une fois par mois, plutôt deux si possible et de permettre de confectionner plus d’un plat.

On pourra donc s’étonner de ce que j’héberge un grand nombre d’ingrédients empruntés à la cuisine asiatique. Et pourtant, ils ont parfaitement leur place chez nous puisque nous commettons régulièrement mille affronts à la gastronomie extrême-orientale.
Parmi ceux-ci figure en très bonne place une soupe au miso qui serait, m’a-t-on dit, bien proche de celle mitonnée par les citadins japonais eux-mêmes. 
En effet, c’est un repas à la fois vite fait et vite mangé qui se compose avec des presque rien qu’on a facilement au fond du frigo. C’est quasiment sur le même plan que les pâtes au pesto sur l’échelle de la gestion de garde-manger. En prime, c’est relativement light, versatile et ça peut être converti en ramen.
On dit qu’il existe autant de soupes miso que de familles. Or donc voici la nôtre.

Composition

On comptera, par personne :

– Une cuiller à soupe rase de pâte miso
– Une dose de bonite séchée ou en poudre
(Sachez à cet égard qu’il en existe des paquets d’un kilo pour les grands consommateurs. Vous pouvez partager avec un ou deux potes japonophiles si ça vous semble beaucoup. L’idée centrale est de générer significativement moins d’emballage)
– Une poignée de garniture. Ha. Ceci nécessite un petit paragraphe.

La garniture dépend des goûts comme des priorités de chacun.
S’il est tard et que vous avez faim, vous mettrez ce que vous avez dans les placards. C’est une recette qui s’y prête très bien.
Si vous avez envie de manger quelque chose de bon et que vous avez la possibilité de faire des courses, je vous invite à recherche un équilibre entre les saveurs mais aussi entre les textures. 

Exemple :
Quelques brins d’algues wakame séchées, genre trois cuillers à soupe de maïs, un oignon nouveau avec sa tige – on coupe le vert en tronçons et le blanc dans la longueur, en quatre ou plus selon sa taille -, environ 100 g de tofu, des champignons type shiitake frais ou des champignons de Paris – autant prendre moins authentique mais plus frais. Un trait d’huile de sésame, quelques graines pour se la raconter.
Notez que le concombre, la courgette râpée, le poulet effiloché, les pousses de soja fraîches, les échalotes, les herbes du jardin ou encore les carottes ont totalement leur place dans cette affaire, entre autres. Sky is the limit. 

Concrètement :
Faire frissonner un demi bol d’eau. Y diluer le miso – on peut touiller le miso dans la cuiller à soupe avec des baguettes, ça évite d’avoir un gisement de pâte au fond – puis ajouter la bonite.
Ajouter les algues qui vont se réhydrater en un rien de temps. Découper tout le reste et le jeter dedans. Attendre symboliquement une minute avec l’air concentré ou en profiter pour faire autre chose mais ne pas laisser bouillir – bouilli c’est grave moins bon.
Servir et en profiter pour regarder un épisode de Terrasse House.

En général on la sert comme ça, parce que le plaisir des yeux est aussi important que celui des papilles et que comme on vit dans une maison minimaliste et bien organisée, ça ne prend pas plus de temps de se faire ce petit plaisir, n’est-ce pas ?

Nan, je déconne, on met tout en vrac dans des bols et on fait le moins de vaisselle possible parce qu’on est assez à la ramasse comme ça. La photo c’est juste pour vous, ça a fait bien rire Monsieur Puma.

Conversion en plat de ramen 

Oui, c’est possible et c’est même très bon. Juste un peu plus long.
Le concept : on ajoute des nouilles et un peu de protéines tant qu’on y est.On prépare le même bouillon avec un peu moins d’eau – ou on s’attend à devoir sortir un bol plus grand. On ne met dedans que les algues, pas le reste de la garniture.En parallèle, on fait chauffer une grande casserole dans laquelle on fait cuire des nouilles – les Something ont une préférence pour les sōmen de blé Trois Bonheurs, mais vous êtes libres. On procède selon les indications du paquet à ceci prêt qu’on les goûte avant de les sortir pour vérifier qu’elles soient cuites selon nos préférences.
En parallèle, on fait soit griller une tranche de lard, soit cuire un œuf mollet – 6 minutes puis eau froide – qu’on écale en se brûlant soigneusement les doigts. On met les nouilles cuites et rincées au fond du bol, on ajoute les différents éléments de la garniture en jolis petits tas comme sur Instagram, on verse le bouillon et on fini par une tranche de lard ou l’œuf que l’on coupe en deux au moment de servir – parce que c’est joli et que ça évite d’avoir du jaune sur le plan de travail.

Et voilàààààààà

Je me suis récemment fait une promesse qui va être un peu difficile à assumer.
Comme mon activité de prétendue blogueuse me contraint à m’ouvrir aux autres, j’essaie de suivre des comptes instagram sympa. Or je viens d’en supprimer trois ou quatre de ma liste parce que les nanas qui les animent se sont révélés être des instaconnasses – en l’occurence c’était des comptes de nanas.
L’instaconnasse – ou instaconnard – c’est cette personne qui poste des photos de sa vie quotidienne , non seulement sous son meilleur jour – on le fait tous – mais avec une mise en scène tellement outrée et des légendes si odieuses de perfection inatteignable que vous avez instantanément envie de cramer votre deux-pièces de banlieue avec vous-même dedans, de dépit. Jamais vous n’arrivez à un tel niveau de glamour à moins de gagner au loto et d’avoir du personnel à domicile. Et même là, pour ma part j’en doute. La nana essaie de vous faire croire qu’elle se réveille le matin aussi fraîche que Nicole Kidman après une séance de make-up pro, que la chemine de nuit en gaze bleue n’est pas froissée et tombe élégamment – la dernière fois que j’ai voulu dormir avec une chemise de nuit en gaze elle a tenté de m’étrangler durant mon sommeil – et que la lumière est magnifique dans la chambre au petit matin. Chez moi j’ai un immeuble en face alors la lumière du petit matin c’est les phares de la Volvo du voisin…

Bref je ne veux pas que les sirènes de la e-popularité me transforment en instaconnasse à mon tour. Alors j’ai fait le vœu solennel de partager régulièrement ma loose domestique avec vous, histoire de me faire redescendre sur terre de temps en temps et de ne pas participer à mon tour de la grosse machine à culpabiliser les gens.

Donc voilà, ma cuisine, en vrai, c’était ça.

De rien. Bon appétit.

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