Pour en finir avec la parentalité positive

Vous me voyez venir à cracher sur l’éducation positive ?
Perdu. Par contre je vais cracher sur plein de gens qui la vendent !

Le concept d’éducation positive est pour moi une évidence et je ne reviendrai jamais là-dessus. Ça peut vous faire ricaner, là, dans le coin, mais pour des adultes qui ont un historique de violence familiale qui s’est poursuivi à l’école, au travail et dans leurs relations amoureuses et intimes parce que leur estime d’eux-même est proche du néant suite à ce qu’ils ont subi de violence physiques et psychologiques, l’éducation non-violente n’est pas un sujet de moqueries. C’est une révélation, un salut. C’est un rappel à une normalité qui ne leur a pas été accordée. C’est précieux.

En effet je rencontre énormément d’adultes de ma génération qui ont découvert la bienveillance alors qu’ils attendaient un enfant. Ceux qui ont été frappés, insultés, méprisés, à qui on a menti, parlé durement, prêté des intentions malsaines qu’ils n’avaient absolument pas ou encore à qui on n’a que rarement manifesté d’intérêt, d’affection ou d’encouragements, découvrent un jour qu’il existe depuis longtemps des gens ni frappés, ni insultés, culpabilisés, malmenés ou encore dénigrés et qui vont très bien quand même.
Qui sont en fait vachement plus équilibrés qu’eux.
Qu’on ne les a pas malmenés « pour leur bien » mais par ignorance et qu’on peut très bien vivre sans violence au quotidien. De plus, cette affirmation relevant du bon sens est aujourd’hui appuyée par la science, l’evidence-based medecine, rien que ça.

Vous trouverez toujours des gens qui vous diront qu’ils n’en sont pas morts, que ça forge le caractère et endurcit les gens, que c’est les nuls qui se plaignent et que quand on a un minimum de jugeote on comprend que c’était nécessaire.
J’en ai rencontré plein. À chaque fois ces gens se sont révélés être des bullies. Des petites frappes, des tyrans de salon, des mini-dictateurs, des leaders autoritaires. À plus ou moins grande échelle. Il y en a des sympathiques un peu chiants qui donnent des directives à tout le monde aux barbecues D’autres moins agréables en soirée mais qui sont attachants tant qu’on parle pas de politique. Et il y en a certains que je ne veux pas même côtoyer parce que je n’ai pas à sacrifier mon bien-être pour les supporter.
Mais j’ai invariablement le sentiment qu’ils n’ont si bien survécu à la violence de leur éducation que pour devenir de petits ou de grands bourreaux à leur tour. Beaucoup s’en sortent très bien, écrasant leur prochain juste ce qu’il faut pour se hisser au sommet sans y être trop seul.
Je ne leur jette pas la pierre, mais je ne les envie pas.

Non, ils n’en sont pas morts. Mais pour citer Sandrine, grâce à qui j’ai beaucoup avancé
« On ne veut pas survivre. On veut vivre ! »
Pour ma part, je fais partie des gens qui ont dû se réparer et se réparent encore, qui ont eu besoin de beaucoup d’aide pour ça et qui ont la chance d’en avoir trouvé.

Demandez à notre documentaliste

En revanche, comme on est vachement nombreux à avoir besoin de ressources en matière de bienveillance et de rapports sociaux harmonieux, il se passe ce qui se passe toujours dans ces cas-là.
Des gens apparaissent de nulle part pour vous vendre des trucs.
Il y a les auteurs de tête de gondole, les thérapeutes de plateau télé, les conférenciers à deux balles, les bloggueuses parfaites, les instagourous orthodoxes, les influenceuses de tous poils… Des tas de gens qui ont très vite besoin de produire beaucoup de contenu et vous vendent de l’information au kilomètre avec peu de scrupule sur sa qualité pourvu que le fric rentre.
Ben oui, faut bien manger…

Lors d’une conférence sur les VEO à laquelle j’assistais récemment, les intervenants ne sont parvenus à l’unanimité que sur un sujet – oui, le débat était hyper riche.
Attention, il y a un abîme entre l’éducation positive et ce qu’on en dit.
Pour faire le tri, il est indispensable de se munir de son esprit critique, d’écouter son alarme intérieure et de ne pas tout prendre pour argent comptant.

Ne jamais dire non, laisser l’enfant tout faire, ne pas intervenir, ne rien interdire, parler avec une voix de robot haut-perchée avec des tournures très artificielles et dire « la vérité » brute parce qu’il n’y a pas de tabou…
C’est souvent l’idée que les gens se font de l’éducation positive.
Or se comporter comme ça, c’est en fait, tenez-vous bien : de la maltraitance.
Eh oui. Ce n’est pas de l’éducation positive, c’est une méconnaissance profonde des besoins de l’enfant et de la nature de la violence.

Chez les Something il y a plein de règles. Elles donnent des permissions car ce qui n’est pas interdit est autorisé. On dit « non » et c’est un positionnement clair, pas une injonction – pour ça il y a « stop ».
On encourage. On dit la vérité, même si parfois la vérité c’est de dire à l’enfant que certaines choses ne le concernent pas.
On supporte les « colères » parce que les colères ça fait partie de la vie, ça sert à rien d’en rajouter une couche. On console et quand c’est calmé on remet chaque chose à sa place, au figuré – au propre aussi, si nécessaire.
On s’abstient de traiter un enfant avec mépris, colère ou condescendance. On ne lui prête pas d’intention, on ne cherche pas à interpréter ce qu’il dit – traduire, certes, l’acquisition du langage c’est la tour de Babel – et par-dessus tout on ne se permet pas de l’analyser.
On dit ce qu’on ressent, en nommant nos émotions, sans faire croire qu’il y en a de bonnes et d’autres mauvaises, parce que toute personne normalement constituée ressent TOUTES les émotions.
On soigne notre enfant même si des fois les soins sont désagréables, voire douloureux, mais grâce à la magie de l’éducation positive on arrive à faire en sorte qu’elle comprenne que c’est une nécessité et que le bénéfice est supérieur à l’effort que ça va lui demander. Elle accepte avec une époustouflante sagesse parce qu’elle sait que nous allons l’accompagner dans ce moment difficile et que nous ne lui demanderions rien d’inutile ni d’insurmontable à son niveau.

Et puis des fois on merde, on n’est pas bienveillant, on crie, on claque une porte, on menace, on supplie, bref on craque. C’est pas la fin du monde, c’est pas inexcusable ou irrattrapable. On admet qu’on a merdé, on explique que c’est pas ok, on dit qu’on regrette et on fait de notre mieux pour pas recommencer.

Parce qu’être un parent faillible, c’est aussi faire de l’éducation positive. Personne n’a à être parfait, pas nous, pas nos enfants. Il ne faut pas essayer de l’être.
L’important c’est de faire sincèrement de son mieux et de continuer à apprendre.

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